Je ne t'ai pas oublié

Publié le par Oeil tari



Ça fait des nuits que tu viens me rendre visite les nuits. Je t’ai vu avec ton peignoir rouge et ton châle noir, je t’ai senti. Tu n’as pas changé, ton visage est toujours aussi angélique et tu es toujours aussi silencieuse. Je ne t’ai jamais oublié, tu es toujours dans mes pensées, surtout dans mes nuits. Je parle de toi moins, en tout cas je me force, mais ce n’est pas pour autant que je ne pense pas à toi.

 

C’est à cette période là, le mois de Ramadan, il y a trois ans, que tu as commencé à te fatiguer. C’est le Ramadan d’il y a trois ans que tu n’as pas fait à cause de ta fatigue et le trop de médicaments que tu prenais. C’est le Ramadan pendant lequel tu n’as pas fait la prière de la nuit empêchée par tes pics de fièvre. Le Ramadan d’il y a trois ans, pendant lequel j’ai aggravé tes souffrances en sortant à la mosquée, te faisant sentir, sans le vouloir, ton incapacité à tenir debout, à sortir avec moi comme on l’a toujours fait à faire la prière ensemble au même endroit. Cette prière, j’aurais pu la faire avec toi, à la maison, à coté de toi … égoïste que j’étais. Je t’ai fait beaucoup de mal, j’étais loin de me douter que tu pleurais parce que, pour la première fois, tu ne pouvais pas m’accompagner, incapable de faire le trajet pour entendre les versets sortir de la bouche de ton Imam préféré…. Egoïste que je suis. Je sais aussi que tu ne m’en a pas voulu, gentille et pieuse que tu es.

 

Ce mois-ci, tu es avec moi plus que n’importe quel autre moment. On dirait que tu te promènes à la maison, on te voit dans ton coin habituel. Je te vois aussi contente pour moi, même si tu ne vis pas avec moi la fabuleuse expérience de porter la vie, toi qui a toujours rêvé d’avoir des enfants, toi qui m’a promis d’apprendre le coran aux miens « ne les place dans aucune mosquée, moi je m’occuperai de ça » me disais tu. De ta vie, je ne me faisais pas de soucis de ce côté-là, je savais qu’ils apprendraient, qu’ils seraient entre de bonnes mains et surtout qu’ils ne seront pas endoctrinés. Maintenant, je sais que ça sera très difficile…

 

Où es-tu ? Que fais-tu ? Que deviens-tu ? M’entends tu quand je prie pour toi ?

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Publié dans ELLE

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M
<br /> Ceux qui s'eloignent restent toujours pres du coeur.Les années ont beau passer, ils ne nous lachent pas, et leur tendresse est toujours presente.<br /> Bonne fete du Ramadan, j'etais partie et il n'y avait pas de Net.A mon retour, l'ordi s'est detraqué. excuse mon retard.<br /> <br /> Alors Oeil Tari, on dit Mabrouk ou pas encore ?<br /> Je suis de coeur avec toi, et je t'embrasse.<br /> <br /> <br />
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O
Bonsoir Laurent, comme tu dis, des fois j'y vois des portes entr'ouvertes... d'autres je vois plutôt une grande porte... close. <br /> Merci pour le partage
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L
Si tu y vois des portes entr'ouvertes<br /> Edith Wharton a écrit<br /> "...Au delà, bien au delà, il y a d'autres pièces dont on ne tourne jamais les poignées de porte : personne ne sait y aller, personne ne sait où elles mènent; et dans la chambre la plus reculée le saint des saints, l'âme se trouve seule dans l'attente d'un bruit de pas qui n'arrive jamais..."
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