De l'importance de la salle à manger

Comme lors de mon dernier déménagement, je suis inspirée par Heidegger et Derrida. Mais cette fois la question est tout autre. Aurait-on assez d’espace pour avoir une salle à manger et un salon ? La question parait sans grande importance mais ce n’est pas le cas pour moi, surtout que ça va être un appartement dans lequel nous allons probablement passer une dizaine d’années.
Je me pose cette question pace que je n’ai pas vu, lors de la visite du nouvel appartement, cet espace construit passible de devenir une salle à manger, cette salle que je dis et vois comme salle, cet horizon perçu avant même les meubles.
Si l’on n’a pas assez d’espace pour se permettre d’avoir une salle à manger, où allons-nous savourer les bons mets ? Au salon ? Manger dos courbés pour accéder la table ? Dommage, surtout que le salon était réservé à la dégustation du dessert, après un bon repas copieux. On s’y allongeait aussi, sur le beau tapis rose.
Devraient-on sacrifier notre belle salle à manger, pensée pour s’y retrouver en famille et achetée avec grande conviction malgré la précipitation ? Cette table qui a témoigné de mes meilleurs petits déjeuners, cette table qui durera. Il mourra un jour le menuisier qui l’a fabriqué, son atelier finira peut être, les outils iront à la ferraille mais la table durera. Elle durera dans le temps par elle-même. Elle durera tant que l’on y prend place pour manger, boire et causer.