Le lieu n'est pas l'espace... ou l'emménagement philosophique

Publié le par Oeil tari



"Habiter est la façon dont les morts sont sur terre" Martin Heidegger.

En plein emménagement, en déballant les cartons que j’ai fait descendre, mes pensées se sont mises à divaguer, mais pas n’importe quelle divagation, philosophique cette fois. En effet, ce changement m’a rappelé des découvertes philosophiques qui datent d’une décennie. La philosophie autour de l’architecture, l’habitat…à travers les écrits de Martin Heidegger, George Perec et Yves bonnefoy. Tien, j’ai même cherché le CD sur lequel sont gravés les livres de ses grands philosophes (inutile de vous dire que je ne l'ai pas trouvé).

 

Je me suis dit que je suis en train de changer un espace pour un lieu. Selon Heidegger (dans son « bâtir, habiter, penser ») le lieu, par opposition à l’immensité de l’espace, est concentration, intensité d’être. Le lieu est ce qui libère l’être. Le lieu où j’emmène libère mon être. Etre dans un lieu c’est avoir avec quelques êtres ou choses des rapports personnels donc intérieurs. Le simple fait d’avoir fait élection d’un lieu tend à délivrer de l’espace, qui est « haïssable » et qu’il faut dépasser pour atteindre au lieu.

 

Mon lieu même s’il s’agit d’une place aménagée et enclose il me libère, il me libère d’un espace, simple champ où les objets se situent les uns à cotés des autres par « le truchement de leur apparence extérieures ». Certes mon lieu est un segment de l’espace où j’étais, mais c’est aussi ce point de l’espace où mon attention se porte et se voit retenue par opposition à d’autres points. Mon lieu me libère d’une approche du monde « par dehors ». Désormais j’ai un centre ici, au point où je suis, par au opposition au « là-bas ». Mon lieu me délivre !

 

Aussi paradoxal que ça puisse paraître, mon lieu ce me permet l’ouverture, suivant la logique de Heidegger « Habiter veut dire rester enclos mais cette clôture révèle liberté comme pour le temple qui, par sa concentration fait ressortir l’immensité du ciel rendant visible « l’espace invisible de l’air »

 

Mes divagations sont parties très loin en faisant aussi le lien avec « l’espace inutile » de George Perec dans son « Espèces d’espaces » mais ça, j’en parlerai une autre fois.

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Publié dans Blabla

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